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23.05.2005

  Cuba, l’île aux miracles20 mai 2005 Les

 
 
Cuba, l’île aux miracles

20 mai 2005

 

Les relations entre Cuba et le Venezuela débouchent parfois sur des miracles, et nombreuses sont les personnes qui peuvent en témoigner. Depuis juin 2004, 20 000 citoyens vénézueliens qui avaient perdu de la vue, depuis plusieurs décennies pour certains, à cause de cataractes et autres maladies oculaires, ont pu revoir la lumière du jour grâce aux prodiges accomplis par la Révolution cubaine et son incomparable système de santé1. Evidemment, les performances médicales réalisées par les spécialistes cubains ont été passées sous silence par la presse internationale, trop occupée à faire la part belle au thème désormais idéologique des « violations des droits de l'homme ».

 

Les malades vénézuéliens, qui n'avaient jamais pu avoir accès aux soins médicaux dans leur pays pendant des années, ont constitué une priorité pour le gouvernement de M. Hugo Chávez qui a décidé d'accorder une attention particulière aux déshérités. Ils ont pu être ainsi opéré gratuitement à Cuba, en vertu de la politique humanitaire et internationaliste en vigueur depuis 1959.

 

Cuba a prévu d'étendre ce service au reste des nations de l'Amérique latine où près de 4 millions d'indigents souffrent de maladies oculaires. D'ici la fin de l'année 2005, près de 100 000 Latino-américains affectés profiteront du savoir-faire des quelque 600 ophtalmologues chirurgiens que compte l'Île des Caraïbes. Aucun autre pays du monde n'a lancé un programme humanitaire d'une telle ampleur visant à atténuer les malheurs qui ravagent l'hémisphère américain2.

 

En plus des 100 000 malades étrangers soignés annuellement à Cuba, le gouvernement de La Havane accueille actuellement plus de 76 000 étudiants en provenance des pays pauvres et leur offre une formation universitaire gratuite de haut niveau, en prenant en charge la totalité des frais. Près de 6 000 nouveaux étudiants étrangers seront accueillis l'année prochaine. L'Ecole latino-américaine de médecine de La Havane est l'une des plus réputées du continent américain et a formé des dizaines de milliers de travailleurs médicaux de plus de 123 pays du monde3.

 

Lors d'une rencontre à La Havane autour du thème de la lutte contre le sida en mars 2005, les Nations unies et l'Université de Harvard ont tenu des propos élogieux à l'égard du système de santé cubain. Le modèle cubain de prévention et de traitement du VIH a été considéré comme l'un des plus performants par les spécialistes du PNUD, de l'Ecole de médecine de Harvard et de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS). M. Bruno Moro, représentant onusien, a souligné l'importance de la réunion à Cuba, un pays où les recherches sur la maladie sont à un stade très avancé4.

 

Quant à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), elle a signalé par le biais de sa représentante à Cuba, Mme Lea Guido, que l'Île est un modèle pour les pays en voie de développement pour ce qui est des soins accordés aux mères et aux enfants. Le taux de mortalité infantile a atteint le chiffre record de 5,8 pour mille en 2004 à Cuba (seul le Canada dispose d'un taux de mortalité infantile inférieur à celui de Cuba sur le continent américain). Mme Guido a souligné qu'un « investissement dans la santé et l'éducation comme celui réalisé par ce pays permettra de compter avec des citoyens forts et capables pour avancer dans le progrès économique ». Elle s'est déclarée stupéfaite par « les succès atteints en faveur de la vie » à Cuba5.

 

Le docteur David R. Buckley, inspecteur de l'OMS a également reconnu être agréablement impressionné par le haut niveau scientifique et technologique de l'industrie pharmaceutique cubaine. Selon lui, la préparation des professionnels nationaux et le respect les normes de régulation en vigueur pour les produits pharmaceutiques constituent deux domaines d'excellence. Des experts en provenance d'Espagne, d'Italie, de Suède, de République Tchèque, d'Australie, d'Argentine, du Mexique et d'Uruguay se sont rendus à La Havane pour étudier la méthode cubaine6.

 

L'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) a récompensé l'excellence cubaine en matière scientifique en lui octroyant la Médaille d'or pour l'invention du vaccin contre la bactérie Haemophilus influenzae type B, premier du monde créé à partir d'antigènes synthétiques. Ce germe provoque chaque année un demi million de décès chez les enfants âgés de moins de cinq ans dans le monde. Il s'agit de la sixième récompense décernée par l'OMPI à Cuba, ce qui reste exceptionnel pour une nation d'une Tiers-monde7.

 

Même le Costa Rica, considéré comme étant le modèle social néolibéral des pays en voie de développement, a recours aux professionnels cubains. Les autorités du pays ont demandé au gouvernement de La Havane de prolonger la présence de ses médecins dans les hôpitaux costariciens, venus offrir leurs services à leurs homologues d'Amérique centrale. Naturellement, les médecins ont accepté d'allonger leurs séjours « afin de ne pas affecter le service [rendu] aux patients8 ».

 

L'aide internationale cubaine s'étend à toute l'Amérique latine et aux régions sous-développées de la planète. A Belize par exemple, petite nation d'Amérique centrale, la brigade médicale en provenance de Cuba, composé de 103 personnes, a permis à plus de 1 257 000 patients, qui n'avaient jamais reçu la visite d'un médecin pour la plupart d'entre eux, de recevoir des soins, au cours des cinq dernières années. En 2004, près de 400 000 malades de ce pays ont été soignés par les Cubains. Actuellement, près de 160 étudiants béliziens se forment dans les universités cubaines9. Aucune nation du monde y compris les pays développés n'a apporté autant d'aide humaine que celle offerte par le gouvernement de M. Fidel Castro aux régions pauvres du Tiers-monde.

 

En avril 2005, le gouvernement mexicain s'était prêté à la manœuvre politicienne étasunienne à la Commission des droits de l'homme de Genève en votant la résolution stigmatisant Cuba. En guise de réponse, les médecins cubains ont opéré avec succès M. Randu Contreras, un jeune mexicain de 30 ans atteint d'éléphantiasis, que les spécialistes mexicains, après maintes analyses, tenaient pour perdu10. De son côté, la télévision péruvienne a qualifié Cuba comme étant « l'île de la santé11 ».

 

L'Equateur bénéficie également de l'internationalisme cubain. La commune de Cotacachi est devenu le premier territoire du pays à se libérer de l'analphabétisme, grâce à la méthode cubaine « Yo sí puedo ». Après une année de travail, presque aucun habitant de ladite commune en âge de lire et d'écrire ne souffre d'illettrisme. Plus de 1 700 personnes ont profité des compétences des professionnels de l'Île des Caraïbes et le taux d'analphabétisme est passé de 22,3% à 3,8%, ce qui a permis à l'Unesco de déclarer la commune comme étant exempte d'illettrisme12.

 

Le programme cubain de lutte contre l'analphabétisme s'étend aux autres pays d'Amérique latine. La province argentine de Santa Fe a fait appel aux services des professeurs cubains, après avoir constaté l'efficacité de leur méthode dans les autres régions argentines telles que Buenos Aires, Chaco, Corrientes, Río Negro, Neuquen, Córdoba, Mendoza et autres. Le gouverneur de Santa Fe a exprimé toute sa gratitude au gouvernement cubain13. Au Salvador, en trois mois, près de 1 000 personnes ont été alphabétisées par les professeurs cubains14.

 

L'aide internationale apporté par le gouvernement cubain ne se fait pas au détriment de sa propre population. En effet, le directeur régional pour les Amériques de l'Organisation internationale du travail (OIT) a qualifié le système de sécurité sociale cubain de « miracle » au vu de la protection qu'il apporte aux travailleurs. « C'est presque un miracle par rapport à d'autres pays », s'est extasié M. Daniel Martínez, très impressionné également par le faible taux de chômage à Cuba (1,9%). Selon l'OIT, en Amérique latine, 11% des personnes sont sans emploi et près de 65% des habitants n'ont pas accès à la sécurité sociale. En Amérique latine, l'un des grands paradoxes réside dans le fait que 25 millions d'enfants sont obligés de travailler alors que 19,5 millions d'adultes sont sans travail15. Cuba est le seul pays du monde qui permet aux travailleurs des secteurs en restructuration, comme pour le cas de l'industrie sucrière, de se former à l'université tout en conservant l'intégralité de leur salaire.

 

Les pays développés, en quête de juteux profits, pillent les richesses du Tiers-monde, kidnappent ses cerveaux, et soutiennent les élites qui défendent leurs intérêts. Par la même occasion, ils poussent l'indécence jusqu'à donner des leçons de démocratie aux peuples qui refusent de courber l'échine. Cuba, quant à elle, préfère tendre la main aux nécessiteux, et poursuivre son chemin vers la construction d'une société plus juste.

 

 

Notes

 

1 Granma, « Extenderán Cuba y Venezuela servicios oftalmológicos », 1 mai 2005. http://granmai.co.cu/espanol/2005/mayo/domingo1/oftalmologicos-e.html (site consulté le 9 mai 2005).

 

2 Ibid.

 

3 Orfilio Peláez & Rafael Pérez Valdés, « Más de 76 000 jóvenes estudian en las facultades de Medicina y otras dependencias », Granma, 6 mai 2005. www.granma.cu/espanol/2005/mayo/vier6/intervencion.html (site consulté le 9 mai 2005).

 

4 Alberto Pérez, « La ONU y la Universidad de Harvard elogian el Sistema Cubano de Salud », Granma, 5 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/mar5/15harvard.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

5 Granma, « Elogia OMS trabajo de Cuba en salud materno-infantil », 8 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/vier8/oms.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

6 Orfilio Peláez, « Experto de la OMS elogia industria farmacéutica », Granma, 25 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/lun25/elogia.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

7 Granma, « Entregan medalla de Oro a novedosa vacuna cubana », 28 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/juev28/medalla.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

8 El Nuevo Herald, « Aceptan que médicos sigan en Costa Rica », 13 mai 2005.

 

9 Raisa Pages, « Más de un millón de pacientes de Belice atendidos por médicos cubanos », Granma, 12 mai 2005. www.granma.cu/espanol/2005/mayo/juev12/21belice.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

10 Granma, « Operan con éxito en Cuba a joven mexicano aquejado de elefantiasis », 4 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/lun4/operan.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

11 Granma, « Televisora peruana considera a Cuba como la isla de la salud », 12 mai 2005. www.granma.cu/espanol/2005/mayo/juev12/televisora.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

12 Granma, « Declaran municipio ecuatoriano primer terrotorio libre de analfabetismo », 25 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/lun25/municipio.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

13 Alfredo López Períes, « Programa cubano contra analfabetismo en provincia argentina de Santa Fe », Granma, 8 avril 2005. www.granma.cu/espanol/2005/abril/vier8/analfabetismo.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

14 Ivan Terrero, « Más de mil alfabetizados en tres meses », Granma, 11 mars 2005. www.granma.cu/espanol/2005/marzo/vier11/11salvador-e.html (site consulté le 13 mai 2005).

 

15 Granma, « Director regional de OIT califica de ‘casi un milagro' sistema cubano de seguridad social », 30 mars 2005. www.granma.cu/espanol/2005/marzo/mier30/califican.html (site consulté le 13 mai 2005).



22.05.2005

Skype


Résident Belge au Pérou, il est assez cher pour moi de téléphoner. Ou plutôt, il ETAIT assez cher pour moi de téléphoner. Avant, le meilleur que j'obtenais, c'était 0,2€ la minute. Mais avec Skype, c'est maintenant 0,02€ la minute ! Du jamais vu !
 
J'utilise cette technologie VoIP depuis fin février, en ayant acheté un crédit de 10€, et j'ai utilisé 4,40€ depuis. Autant dire que j'irai sans doute jusque août (voire plus) avec.
La qualité est bien souvent optimale, et bientôt on pourra me téléphoner sur mon PC grâce à un nouveau service.
 
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20.05.2005

La Constitution contribue-t-elle à faire de l'Union européenne une "contre-puissance" face aux Etats-Unis

  
Par Diana Johnstone
 
A la question: « Quel est le plus puissant des arguments en faveur du "oui" ? », François Bayrou répond : « Le monde est dominé par la puissance américaine, concurrencée par la puissance chinoise. Voulons-nous accepter la domination de ces empires, et leur modèle de société ? Ou voulons-nous compter, nous aussi, pour défendre nos valeurs ? (...) Tous les adversaires de l'idée européenne rêvent de nous voir voter non, les milieux néoconservateurs américains, les conservateurs britanniques antieuropéens, l'extrême droite européenne et l'extrême gauche, Le Pen et Besancenot ».
 
Dominique Strauss-Kahn est encore plus clair : « On a besoin du traité constitutionnel européen pour contrer l'hégémonisme américain ».
 
Sous une forme ou sous une autre, cet argument revient constamment dans les défenses et illustrations du "oui". L'idée sous-jacente est que cette constitution est la condition nécessaire (et peut-être même suffisante) pour que l'Union Européenne s'affirme comme une "contre-puissance" face aux Etats-Unis.
 
Je voudrais montrer que cet argument est faux dans ses présupposés et a fortiori dans ses conclusions. En même temps, je voudrais souligner ce qui me semble sincère dans cet argument, c'est-à-dire sa signification profonde dans l'esprit de presque toute la classe politique française. Car il ne s'agit pas ici d'un vulgaire mensonge mais plutôt de l'expression d'une grande confusion en ce qui concerne "l'idée européenne".
 
Tout d'abord, on peut identifier deux présupposés erronés : a) cette Constitution renforce l'UE en tant que contre-puissance, et par conséquent : b) les hégémonistes américains espèrent voir les Français voter "non".  Ainsi le "oui" serait, en quelque sorte, une subtile déclaration d'indépendance de l'Europe par rapport à l'hégémonie d'outre-Atlantique.
 
Le premier présupposé est contredit par le texte même de cette Constitution. Car les "valeurs" exprimées font écho aux "valeurs" néolibérales qui sont actuellement celles de la superpuissance américaine. Pire encore, cette Constitution va beaucoup plus loin que celle des Etats-Unis dans cette direction. La Partie III reprend la politique néolibérale déjà présente dans les Traités depuis Maastricht, tout en la figeant dans une "Constitution" dont l'amendement exige l'unanimité. Contrairement aux Etats-Unis, qui gardent la possibilité de changer de politique économique de façon pragmatique, par exemple en stimulant la croissance par les déficits budgétaires, l'Union Européenne veut s'enfermer dans un carcan néolibéral dont le but principal déclaré - attirer les investissements productifs pour créer des emplois - ne cesse de s'éloigner.
 
La Constitution proposée lie l'Union Européenne à l'Otan - instrument de la domination états-unienne de l'Europe - et même à sa croisade du moment : la "lutte contre le terrorisme". Que pourrait donc espérer de plus Washington ? Que l'Europe et ses Etats membres soient totalement privés de toute possibilité de définir et de poursuivre une politique étrangère indépendante claire et efficace ! Et bien, cette constitution répond aussi à ce souhait, en obligeant tous les Etats à s'accorder sur une politique étrangère décidée à l'unanimité. La recette parfaite de l'impuissance. Sauf pour ceux qui, comme le Royaume-Uni, choisiraient de suivre les Etats-Unis coûte que coûte.
 
La leçon de la guerre
 
Certains prétendent que les Etats-Unis sont hostiles à la construction européenne. En réalité, depuis la deuxième guerre mondiale, les Etats-Unis ont constamment soutenu l'unification européenne telle qu'elle s'est développée, c'est à dire comme un grand marché économiquement ouvert et politiquement inoffensif. Economie forte et politique faible vont de pair (on pourrait établir un parallèle intéressant avec le bloc soviétique de l'après-guerre, où l'économie socialiste devait effacer les différences politiques, mais c'est un autre sujet). C'est l'idée selon laquelle, pour éviter de recommencer les guerres de 1914-18 et de 1939-45 qui avaient ruiné les grandes puissances capitalistes du continent, il fallait tout d'abord lier ensemble l'essentiel des industries allemandes et française pour qu'elles soient trop intimement imbriquées pour s'opposer l'une à l'autre. Cette unification économique entraînerait alors inévitablement l'unification politique allant dans le même sens d'une pacification.  Pour garantir le tout, l'ange gardien d'outre-Atlantique lierait les forces militaires des anciens belligérants dans une seule alliance sous sa propre direction. Tout cela allait dans le même sens : celui d'un désamorçage de l'antagonisme du "couple" franco-allemand, supposé incapable de gérer ses propres contentieux sans finir dans la guerre et le génocide.
 
S'agit-il d'une exagération ? Pas vraiment. Cette vision d'une Europe dont l'irresponsabilité belliqueuse chronique exigerait un frein et une tutelle américaine est celle qui prévaut dans la représentation du continent par les médias et dans l'esprit d'un très grand nombre de dirigeants politiques aux Etats-Unis. S'ils ne le disent pas tout haut, ils le pensent tout bas. Par ailleurs, il est évident que la même pensée est loin d'être absente dans les médias et la classe politique du vieux continent.
 
Cette interprétation de l'incapacité des Européens de se comporter décemment sans encadrement américain se résume en un mot : "Auschwitz". C'est le mot-clé de l'hégémonie idéologique américaine en Europe, basée sur une mythologisation de la deuxième guerre mondiale réduite à la seule libération des Juifs de leurs bourreaux par les Anglo-Américains. Car, face à l'Europe génocidaire, les Etats-Unis apparaissent comme innocents, donc dignes d'assumer le leadership moral d'une Europe entachée à jamais d'un péché impardonnable. Comme d'ailleurs celui du monde entier. Les Atlantistes européens libéraux les plus sincères croient que ce double carcan - union européenne économique et politique, tutelle états-unienne pour ce qui concerne la sécurité - est le seul moyen de garantir la paix et la prospérité de leurs pays.
 
En ce qui concerne la paix, cela serait plus vraisemblable si les Etats-Unis avaient tiré la même leçon des deux guerres mondiales que la plupart des Allemands, des Français et des Italiens, qui, ayant souffert des destructions, des occupations étrangères et des défaites, ont voulu enfin renoncer à la guerre. Ceci vaut aussi pour les Russes qui, quoique vainqueurs, ont subi les plus grandes pertes matérielles et humaines.
 
Le problème est que, pour les Etats-Unis, la leçon n'est pas du tout la même. Dans la mythologie américaine (et même britannique) la deuxième guerre mondiale était la "bonne guerre" par laquelle le Bien a écrasé le Mal, au moyen de la puissance militaire des Etats-Unis, avec la bénédiction d'un Dieu interconfessionnel. Et ils sont prêts à recommencer.
 
Une dangereuse contradiction réside dans le fait que cette Europe pacifiée par ses propres excès guerriers se croit en sécurité en confiant la direction de ses affaires militaires, par le biais de l'Otan, à cette grande puissance d'origine européenne qui, elle, n'a pas du tout renoncé à la guerre. Ainsi, paradoxalement, cette Europe qui ne veut plus se faire la guerre à elle-même s'apprète, sans en avoir bien conscience, à être entraînée dans des guerres sans fin contre le reste du monde.
 
Ce n'est pas le seul résultat malheureux de la fixation sur les Etats-Unis de l'Europe occidentale de l'après 1945. Une vision idéalisée des Etats-Unis a dominé l'imaginaire européen depuis soixante ans. L'anti-américanisme minoritaire et occasionnel n'y change rien; l'influence du cinéma, de la musique, du mode de vie américains est plus forte dans chaque pays européen que celle de ses propres voisins du continent. Les médias de chaque pays de l'UE donnent plus de place aux actualités des Etats-Unis qu'à celles des autres pays membres, tandis que l'anglais gagne du terrain pendant que l'étude des autres langues européennes périclite. Ainsi ce qui unit les Européens est moins une "culture européenne" (à construire) que les reflets de la culture américaine vue de loin.
 
Un mimétisme analogue affecte la construction européenne. Les Etats-Unis sont le modèle d'une fédération (ou confédération, selon les convictions) assez unie et prospère pour "peser dans le monde". C'est à ce point qu'émerge la principale ambiguïté de l'ambition déclarée des Atlantistes qui veulent renforcer l'Europe pour qu'elle soit, disent-ils, capable de faire face aux autres grandes puissances, et notamment aux Etats-Unis.
 
Le Condominium Impérial
 
Que veulent exprimer ceux qui déclarent que le principal argument en faveur du "oui" serait de permettre à l'Europe de tenir tête à la superpuissance américaine ? Si l'on se rapporte aux textes - notamment l'Article I-41 qui lie la politique de défense à l'Otan - cette déclaration pourrait être évacuée comme une simple contre-vérité. Pourtant, il est peut-être plus utile d'accepter que la plupart de ceux qui le disent ne mentent pas mais ont une idée particulière en tête, et de tenter de comprendre le fondement de cette idée.
 
En effet, il me semble que les Atlantistes qui défendent la Constitution pour renforcer l'UE face aux USA imaginent une vraie rivalité entre les deux, mais une rivalité à l'intérieur d'un même système socio-économique et géostratégique : un système que j'appelle le Condominium Impérial (CI, également connu sous le nom de "Communauté Internationale").  Ce CI représenterait une solution au problème posé par les guerres entre puissances impérialistes qui ont mené au désastre de 1914-18. Il s'agit d'unir ces puissances impérialistes sous l'hégémonie des Etats-Unis pour promouvoir les mêmes "valeurs et intérêts" partout dans le monde.
 
Ces "valeurs" sont les "droits de l'homme" qui se sont développés relativement récemment dans les pays riches. Il s'agit en général davantage de libertés de comportement que de droits aux nécessités de la vie (nourriture, logement, santé, travail, éducation). Ces droits essentiellement individuels sont compatibles avec les sociétés libérales avancées où le niveau de vie élevé permet de dépasser la "guerre de tous contre tous" pour la survie. En soi, ils sont indiscutablement désirables pour le bonheur humain.  Le problème survient quand la référence à ces droits sert à renforcer la bonne conscience des riches lorsqu'ils veulent s'ingérer dans les affaires des moins fortunés.
 
Dans le système capitaliste avancé, les intérêts sont semblables dans le sens où "la liberté" y est centrale, mais précisément, il s'agit avant tout de la liberté du capital financier d'investir partout, et ainsi de déterminer la forme matérielle et sociale des sociétés. Ce système étant, par nature, compétitif, il est inévitable que la compétition existe à l'intérieur, entre les unités qui le composent. L'"indépendance" que prônent les Atlantistes n'est rien d'autre au fond que le niveau d'efficacité compétitive que doit posséder l'Europe pour poursuivre cette concurrence avec les Etats-Unis tout en y restant intimement liée.  Il ne s'agit en aucun cas de poursuivre une politique - qu'elle soit économique ou géopolitique -- fondamentalement différente de celle des USA.
 
Cette rivalité à l'intérieur existe déjà, mais nos dirigeants en parlent très peu ou de façon presque codée devant leur public.  Ainsi on poursuit des politiques dont le vrai motif, le bien fondé et les résultats ne sont pas publiquement évalués et débattus.
 
Prenons un exemple : les élargissements hâtifs de l'UE vers les pays de l'Est appartiennent à cette politique de rivalité avec les Etats-Unis qui ne dit pas son nom.  Les pro-européens n'ont cessé d'observer qu'il aurait fallu d'abord "approfondir" l'UE avant de l'élargir.  Cela relève du bon sens: on peut tout gâcher en allant trop vite.  On a déjà vu les dégâts causés à l'Allemagne par sa réunification hâtive, mais on peut la considérer comme un cas à part.  Pour les Pays baltes, et maintenant pour la Roumanie et la Bulgarie (et peut-être demain pour l'Ukraine et la Georgie), cette fuite en avant suit une logique différente.  On pourrait imaginer qu'il s'agit de rivalité avec la Russie. Certains de ces pays (notamment les Pays baltes) semblent se croire en permanence menacés par la Russie, malgré son retrait volontaire et paisible.  Mais les dirigeants occidentaux savent bien que la Russie n'est pas une menace. En réalité, l'élargissement de l'UE vers l'Est répond beaucoup plus aux besoins de la rivalité avec les Etats-Unis, dont l'influence dans ces pays est déjà prédominante et qui se renforce avec l'extention de l'Otan. L'élargissement vers la Turquie suivrait une logique similaire.
 
L'ironie de l'histoire est que l'UE se trouve ainsi entraînée dans une course à l'influence avec les Etats-Unis alors même qu'elle (à travers la Constitution) entend réaffirmer son attachement à une alliance atlantique totalement dominée par Washington. L'élargissement vers les pays de l'Est peut, certes, contribuer à y renforcer l'influence des pays de l'Europe occidentale, mais au prix d'un affaiblissement de l'indépendance de l'Europe par rapport aux Etats-Unis.
 
On observe un phénomène semblable avec le rôle actif (bien que secondaire) joué par l'UE dans les "révolutions" orange et autres, totalement téléguidées et généreusement financées depuis Washington.
 
Ces "révolutions" visent clairement à soumettre les économies de ces pays au capital étranger par l'intermédiaire de dirigeants plus fidèles aux Etats-Unis (où la plupart d'entre-eux ont reçu leur formation) qu'à leur propre peuple. Tout cela - avec la provocation constante de la Russie que cela implique - est-il véritablement dans l'intérêt de l'UE et de ses peuples ?  On pourrait au moins se poser la question. Mais, sur ces questions, le débat public n'existe pas.
 
La "leçon des Balkans"
 
La confusion qui règne dans la définition d'une politique européenne "d'indépendance" atteint son apogée avec la supposée "leçon des Balkans". Le cliché dominant est bien exprimé par Henri de Bresson dans Le Monde, lorsqu'il écrit à propos de la politique étrangère et de sécurité contenue dans la Constitution : « Tirant la leçon des guerres des Balkans, qu'ils n'ont pu empêcher et auxquelles ils n'ont pu mettre fin qu'avec l'intervention des Etats-Unis, les Européens se dotent d'un instrument qui donne une crédibilité nouvelle à leur action extérieure. C'est un grand pas ».
 
Absolument tout, dans cette analyse, est erroné. Je n'insiste plus sur le fait que l'attachement à l'Otan vicie dès le départ cet "instrument qui donne une crédibilité nouvelle à leur action extérieure". L'erreur est à la fois plus profonde et très révélatrice.
 
Tout d'abord, ce n'est pas, comme on se plaît à répéter, la faiblesse militaire de l'Europe qui est responsable de son échec dans les Balkans. C'est sa faiblesse politique. L'UE n'a jamais bien analysé ni bien compris les causes du drame yougoslave. Elle n'a jamais développé - comme elle aurait pu et dû le faire - un programme clair envers toute la Yougoslavie pour éviter les guerres de sécession. Et une fois le pire advenu, elle a été incapable d'élaborer une politique susceptible d'apporter la paix - qui aurait contrecarré les efforts sournois de Washington pour éviter toute paix autre qu'américaine (voir à ce sujet les mémoires de David Owen).
 
Cette faiblesse était liée au manque d'unité entre les Etats membres de l'UE - mais plus encore à la volonté de cacher cette absence d'unité en donnant l'apparence d'une unité qui n'existait pas ! Ainsi la position de l'Allemagne en faveur des sécessions non négociées - une position qui rendait la guerre civile inévitable - était rejetée au début, et à juste titre, par tous les autres Etats membres de l'UE, surtout par la France, le Royaume-Uni, et même par des diplomates allemands en place à Belgrade. Mais précisément en raison de la proximité de la signature du traité de Maastricht, et parce qu'il n'était pas opportun de révéler au monde ses divisions, le bon sens de cette majorité a capitulé devant l'acharnement du gouvernement allemand à casser son vieil ennemi, la Yougoslavie, au profit de l'indépendance de ses vieux clients, la Croatie et la Slovénie.  Et par la suite, tous les dirigeants - notamment français - qui avaient eu raison, se sont efforcés de justifier une décision tragiquement erronée.
 
Et ce n'est pas tout. On s'est aussi efforcé de cacher au public les rivalités sourdes entre puissances - surtout entre les Etats-Unis et l'Allemagne - pour attirer les divers sécessionnistes dans leur sphère d'influence. Dans une grande manifestation d'unité occidentale largement fictive, l'Otan a dévasté en 1999 ce qui restait de la Yougoslavie. A ce jour, rien n'est vraiment réglé, mais on n'en parle plus. C'est une situation classique : les Puissants règlent leurs rivalités en faisant payer la note aux faibles.
 
Cet exemple devrait faire réfléchir. Au lieu de cela, il est mythifié et travesti pour justifier une politique militaire qui permettra sans doute "d'agir", mais avec aussi peu de principes, de sérieux intellectuel et de vision de l'avenir que l'Europe au moment de la crise yougoslave. Une force militaire sans cerveau, n'est-ce pas justement ce qu'on reproche à l'administration Bush ? Une puissance militaire, donc, mais pour quoi faire ? Pour suivre qui ?
 
A ces questions cruciales, la Constitution et ses partisans n'offrent aucune réponse claire. Si ce n'est, comme disait ce très grand humoriste qu'était le Général de Gaulle, de crier    « l'Europe ! L'Europe !».

19.05.2005

Constitution européenne : pour un non de combat (FEF)

 
Cet après-midi, la chambre des représentants, à une très large majorité, ratifiera la constitution européenne . A l’occasion de cette étape décisive du (peu démocratique !) processus d’entérinement par la Belgique du traité constitutionnel, la Fédération des Etudiant(e)s Francophones tient à marquer son opposition tant à la manière dont ce texte est imposé qu’à son contenu.

En effet, il est inacceptable qu’un texte d’une telle portée symbolique et juridique soit approuvé sans aucun débat public et sans même un travail de sensibilisation préalable de la population. Un million d’euros avaient pourtant été débloqués par le gouvernement pour procéder à l’information des citoyens sur le contenu. Celle-ci aura probablement lieu…après l’adoption du texte!

Sur le fond, il est clair que les orientations prises dans ce traité constitutionnel ne sont pas anodines et qu’elles divergent nettement des options prises généralement par la Fédération sur toute une série de dossiers notamment en matière de service public, de protection sociale ou de politique commerciale. Dès lors, après une réflexion mûrie, le Conseil Fédéral de la FEF a décidé de se prononcer contre la constitution et d’appeler les députés belges à ne pas ratifier le projet de constitution européenne.

Il est consternant de ne pas avoir pu compter sur certains acteurs politiques pour relayer ces préoccupations. Les quelques « avancées » obtenues dans ce traité, notamment en matière institutionnelles, apparaissent comme bien maigres pour justifier leur choix. Est-il possible d’aller parader à Porto Alegre tout en appelant de ses vœux à une autre mondialisation puis d’adopter un texte qui prévoit la réalisation d’un marché intérieur ou la concurrence est libre et non faussée ? Peut-on combattre efficacement l’AGCS en soutenant un texte qui prévoit que les états membres s’efforcent de procéder à la libéralisation des services au-delà de la mesure qui est obligatoire en vertu de la loi cadre européenne… ? Tous les partis démocratiques du pays se sont rangés à coté des partisans du oui. Si on est pour le non à la constitution on est contre l’Europe a dit le président français. Cette formule lapidaire est particulièrement révélatrice du véritable terrorisme intellectuel auquel sont confrontés les voix qui s’élèvent contre le traité constitutionnel.

Certains objecteront que ce traité ne fait que confirmer l’orientation tendancieuse présente dans d’autres traités européens existants. C’est vrai ! Il n’empêche que si l’on espère pouvoir infléchir la tendance dominante, il est essentiel d’envoyer un message politique fort. En l’occurrence, un vote contre un projet de constitution pourrait s’avérer être un excellent détonateur. Ne pas se donner les moyens de l’actionner c’est cautionner la dérive néolibérale des instances européennes !
 
http://www.indymedia.be/news/2005/05/96752.php
 

Star Wars III


Voilà, j'ai été voir Star Wars III hier, et je livre ici quelques impressions :
 
Positif : Des batailles épiques, un super Yoda comme on rêvait de revoir depuis la bataille avec le Comte Dooku à la fin de "l'attaque des clones", un basculement vers une tragédie à la grecque opérée de main de maître, une musique l'accompagnant tout à fait de circonstances, des décords géniaux, des effets spéciaux incroyables, un Ewan Mc Gregor fabuleux qui joue toujours aussi bien son rôle, quelques scènes rigolotes avec R2D2, Yoda, d'autres épiques (J'ai tremblé quand j'ai entendu pour la première fois la respiration de Darth Vador) qui font partie de l'histoire du cinéma
 
Négatif : Un rythme parfois trop saccadé, de jeunes acteurs (Nathalie Portman, Hayden Christensen) pas assez convaincants, manque de clareté dans certaines batailles au sabre, trajectoire de Anakin Skywalker vers le côte obscure trop en yoyo et exploitant d'une drôle de manière les bébés de Padmé, et une fin un peu trop rapide, quasimment en queue de poisson.
 
Bref, j'ai passé un grand moment, de bout en bout, je n'ai pas vu passer l'heure, et je suis doublement triste de voir ainsi la République basculer vers l'Empire, mais aussi de savoir qu'une grande saga se termine. Que va-t-on faire sans Star Wars maintenant ? On n'a plus aucune raison de vivre !!! Ouin !!!!!!

Vénézuéla : Le festin du savoir, par Romain Migus.

 

Caracas, le 15 mai 2005.


Un soleil radieux illumine le quartier "23 de Enero", les vendeurs de rue interpellent les passant à la criée leur proposant fruits et légumes, cachapas et arepas, odeur et couleur...

Le 23 de enero est un quartier populaire de Caracas ou d’immenses barres d’immeubles décrépitées paraissant s’étendre à l’infinie jouxtent les maisons posées anarchiquement sur les collines.

Ici, on est en terre chaviste. Avant d’avoir la confirmation par la voix de ceux qui y résident, les murs du « veintitrés » parlent pour eux. On y voit des portraits de Bolivar, de Zamora bien sur... mais aussi de Karl Marx ou Manuelita Sanz. Les écrits y sont sans appel : Viva Chavez ! Vota NO ! Con Chávez manda el pueblo !

Ce vendredi, dans la bibliothèque de La Cañada au cœur de ce quartier, c’est la remise des diplômes de la mission Robinson I.

La mission Robinson est un programme gouvernemental d’alphabétisation. Composé en trois niveaux, il donne l’équivalent du niveau primaire à toutes les personnes qui furent oubliés des programmes d’ éducation par les gouvernements précédents.

En 8 mois, la mission Robinson a alphabétisé 1.381.749 personnes à travers tous le Venezuela, faisant passer le taux d’analphabétisme de 8.4% de la population à 0.4%, c est à dire en dessous du seuil d’analphabétisme reconnu par l’UNESCO.

Dans une des salles de la bibliothèque, une vingtaine de personnes attendent la remise du sésame. Pour la plupart, ce sont des personnes âgées. On lit la joie et la fierté au creux de leurs rides. Il y a trois mois ils ne savaient ni lire ni écrire, et aujourd’ hui, ils accèdent officiellement au statut d’ alphabetes.

«  Je vais enfin pouvoir aider mes petits neveux maintenant » me confie Ramon. Partager le savoir, partager ce trésor trop important pour être conservé jalousement.

Que ce savoir soit important, tous les participants de la « mission Robinson » le savent, eux, qui pour la plupart, ont mit tellement longtemps avant de le posséder.

La coordinatrice de la mission Robinson pour le 23 de enero, Yaritza Mota, les avertit en guise d’introduction à la cérémonie : « Ils ne faut pas vous arrêtiez de lire, sinon vous allez perdre tout ce que vous avez appris, il faut vous inscrire à la mission Robinson II pour continuer et approfondir vos connaissances »

La simple évocation de cette perte possible ôte le sourire des personnes présentes. Dans les faits, 95% des 798 participants à la mission Robinson dans cette partie du quartier ont décidé d’approfondir leurs connaissance et de suivre l’enseignement de second degrés.

Enfin, c’est le moment tant attendu. A l’appel successif de son nom, on se lève, sous les applaudissements, pour aller chercher le diplôme du ministère de l’éducation. Le diplôme et la « bibliothèque familiale »...

Cette bibliothèque familiale est une caisse de trente livres qui est remise à chaque participants. Comme elle est imprimée à Cuba, l’opposition vénézuélienne a hurlé à la propagande castriste, à l’endoctrinement d’une partie de la population vénézuélienne.

Cette réaction de l’opposition nous aide à mesurer le fossé de connaissance entre les plus pauvres et ceux qui les critiquent.

Maria, diplôme en main, est en train de parcourir les ouvrages qu’on vient de lui offrir. Comme Maria vient juste d’apprendre à lire, elle ne sait pas encore que Le petit Prince est un ouvrage de propagande castriste ou encore qu’Honore de Balzac fut un des précurseurs idéologique de la Révolution de 1959 ! !

« Les livres ne sont peut être pas très beau, affirme Yaritza Mota aux élèves mais vous savez, l’important d’un livre, ce n’est ni sa forme ni sa beauté, l’important c’est ce qu’il dit... »

Le sourire de Celsa en dit long sur la joie qu’elle ressent aujourd’hui.« Je n’ai jamais pu aller à l’école, moi et ma famille nous étions pauvres et j’ai du travailler très tôt avec ma mère pour gagner de quoi vivre » Celsa, qui pourrait être ma grand mère me glisse tendrement : « Jeune homme, tu sais... aujourd’hui, je dit merci de tout mon cœur à ce monsieur... merci à mon président Hugo Chavez qui m’a permit d’apprendre à lire. »

Si Chavez et son gouvernement ont en effet ouvert la brèche pour cette possibilité, c’est le peuple entier des barrios qui a permit sa réalisation pratique. Les organisations de base ont assuré la promotion de la Mission d’alphabétisation, contacté les gens en faisant du porte à porte, trouvé un lieu ou les cours puissent se dérouler, les instituteurs ont bénévolement donné de leur temps libre pour enseigner.

La méthode d’alphabétisation Yo, sí puedo, méthode cubaine reconnue par l’UNESCO pour son efficacité, utilise l’image comme support. Il a donc fallu trouver des télévisions et des magnétoscopes pour pouvoir commencer.

Si aujourd’hui, tant de personnes ont réalisé leur rêve, c’est tout autant grâce au gouvernement, qu’à l’effervescence des organisations populaires qui ont su se saisir et s’approprier cette chance institutionnelle. En ce sens, nous déclare Yaritza « nous ne sommes pas uniquement des professeurs mais de véritables travailleurs sociaux ».

Apres avoir porté un toast final pour clôturer cette journée, une femme s’approche de moi... « Jeune homme pouvez vous m’écrire votre nom ? » Je m’exécute volontiers et une deuxième me demande la même chose, puis une troisième et une quatrième ! Je me rends compte alors de la soif de lire qui habite désormais ces personnes. Ces quelques signes qui compose mon nom ne sont plus devenus une suite de dessins étranges mais font désormais sens. Les nouveaux diplômés de la mission Robinson ont en commun cette passion de désormais tout déchiffrer jusqu’à la moindre lettre comme pour rattraper tout ce temps où ils furent oubliés dans leur analphabétisme.

Avec Ramon et Luis nous faisons un échange, mon nom contre le leur. D’une main fébrile mais d’un esprit résolu et déterminé, ils s’exécutent et réalisent ce geste auquel ils ne pouvaient prétendre il y a tout juste 3 mois.

Romain MIGUS

-  Source : Cercle Bolivarien de Paris
cbparis@ml.free.fr.


18.05.2005

Ce sera pour la prochaine fois ...

 
La grenade retrouvée à 30 mètres de l'estrade où s'étaient exprimés George Bush et le président géorgien Mikhaïl Saakachvili le 10 mai à Tbilissi (Géorgie) était armée et aurait pu faire des victimes.

Contrairement à ce qu'avait indiqué la Maison Blanche la semaine dernière, un représentant du FBI à Tbilissi affirme que la grenade retrouvée à l'endroit où se trouvait les deux présidents a bien "été lancée", était "active" et présentait un danger. Selon l'expertise réalisée sur l'engin, la grenade n'a pas explosé en raison d'un léger défaut dans sa cuillère d'activation.